Ici, c’est en plein dos, à bout portant, que notre pauvre Labori est frappé ; il entend aboyer le pistolet, en arrière, comme un chien lâche.

Là, c’est un passant, un ouvrier, Edouard Arcos, qui se permet, sur la voie publique, place Saint-Vincent-de-Paul, de lire les Droits de l’Homme. A ce spectacle, l’épée d’une canne nationaliste n’y tient plus, jaillit du fourreau et s’enfonce — « Tiens ! sale juif » — entre les épaules du mal pensant. Il tombe, l’arme récidive, un peu dans le flanc, cette fois : il faut bien varier ses plaisirs !

Et Arcos est emporté, râlant, à l’hôpital, où l’on annonce qu’il est près d’expirer.

Voilà donc la manière nouvelle. Serait-ce celle du prince d’Aurec, ô Lavedan ? J’avoue ne m’y pouvoir résoudre, la considérer sans enthousiasme... et même avec un peu de regret pour la coutume d’autrefois. L’épée, qui salue, m’apparaît toujours préférable à la rique, qui surprend.

J’entends bien que M. Max Régis propose deux millions d’Algériens pour venir conquérir la France ; seulement, jusqu’à nouvel ordre, j’en reste sur le bruit assez répandu que c’est la France qui a conquis l’Algérie et — qu’il lui plaît de demeurer en cette posture.

Que cette école se réclame du sire de Jarnac, qui fut un assez triste Français, ou du singulier ministre démissionnaire que fut le général Chanoine. Mais, pour Dieu, ne déshonorez pas la France galante et courtoise, fleur de chevalerie, en prétendant agir à la française !

COUP MANQUÉ !


Rennes, 22 août 1899.

Le voici revenu, de ce matin, ce beau type de notre race en qui s’incarne toute l’énergie de la défense, comme Me Demange en représente toute la réserve avisée.