Ce fut du joli ouvrage, de main de maître : bien visé, bien exécuté. Celui-là qui l’accomplit en donna pour son argent au commanditaire. Un mouvement de côté, providentiel, empêcha uniquement la complète réussite ; et selon la légende du beau dessin d’Hermann-Paul, que la question fût posée.
M. le docteur Perrin de la Touche, nationaliste, membre, je crois, de la Patrie Française, a déposé, jeudi dernier son rapport entre les mains de l’autorité judiciaire.
Il y est dit que la blessure est de six millimètres de pourtour et cinq de rayonnement ecchymotique ; qu’elle est à la hauteur de la sixième vertèbre.
Les habits que portait notre ami ce matin-là, chemise, gilet, veston, troués et tachés de sang, sont déposés au greffe.
Cependant, voici la chanson que publie la Libre Parole et que reprennent en chœur les feuilles alliées.
Elle est d’un tour un peu vif ; mais c’est un document précieux quant à la chevalerie « bien française ».
Il paraît qu’ la s’main’ dernière,
Un Dreyfusard très connu,
Comm’ le général Brugère,
A reçu du plomb dans... l’dos.
Refrain.
As-tu vu
Le trou d’ balle, le trou d’ balle,
As-tu vu
Le trou d’ balle à Labori ?
Toute la gendarmerie
Cherch’ l’assassin inconnu
Qu’a eu cette barbarie
De blesser un homme au... dos
As-tu vu, etc.