1 Phormion, général athénien, ayant ravagé le territoire de Chalcis, cette ville lui envoya des députés pour lui exposer ses griefs. Il leur fit bon accueil; et pendant la nuit qui avait été fixée pour leur départ, il feignit de recevoir une lettre qui le rappelait à Athènes, et les congédia en faisant retraite lui-même, mais à une faible distance. Les députés ayant annoncé que tout était désormais en sûreté, et que Phormion était parti, les Chalcidiens crurent à la bienveillance qu'il avait témoignée, ainsi qu'à la retraite de ses troupes, et négligèrent la garde de leur ville. Alors, Phormion étant revenu tout à coup, ils ne purent soutenir une attaque à laquelle ils ne s'attendaient plus.
2 Agésilas, chef des Lacédémoniens, assiégeant Phocée, et s'étant aperçu que les alliés de cette ville, venus pour la défendre, commençaient à se lasser des fatigues de la guerre, fit un mouvement de retraite, comme s'il allait à d'autres expéditions, et leur laissa ainsi la faculté de s'éloigner librement. Peu de temps après il ramena son armée et vainquit les Phocéens, alors réduits à leurs propres forces.
3 Alcibiade tendit un piège aux Byzantins, qui se tenaient renfermés dans leurs murs: il feignit de se retirer, et, quand ils ne furent plus sur leurs gardes, revint fondre sur eux.
4 Viriathe, après s'être retiré à trois journées de Segobriga, revint en un seul jour, et surprit les habitants, qui, dans une entière sécurité, étaient en ce moment même occupés d'un sacrifice.
5 Épaminondas, au siège de Mantinée, voyant que les Lacédémoniens étaient venus secourir cette place, pensa que, s'il leur cachait son départ, il pourrait aller prendre Lacédémone. Il ordonna d'allumer pendant la nuit un grand nombre de feux dans son camp, afin que l'on ne se doutât pas de son absence; mais, trahi par un transfuge, et poursuivi par l'armée lacédémonienne, il quitta le chemin de Sparte, et usa du même artifice pour retourner devant Mantinée. Il alluma encore des feux dans son camp, et, taudis que les Lacédémoniens l'y croyaient présent, il fit une marche de quarante milles du côté de Mantinée, et se rendit maître de la ville, qui n'avait plus le secours de ses alliés.
XII. De la défense des places. Exciter la vigilance des soldats.
1 Pendant que les Lacédémoniens assiégeaient Athènes, Alcibiade, craignant de la négligence de la part des sentinelles, ordonna aux soldats de tous les postes d'observer attentivement le flambeau qu'il ferait paraître pendant la nuit, du haut de la citadelle, et de répondre à ce signal en élevant aussi des flambeaux de leur côté. Il menaça de châtiment quiconque n'exécuterait pas fidèlement cet ordre. Ainsi tenus dans l'attente des signaux de leur chef, tous firent une garde vigilante, et l'on fut à l'abri du danger qui était à craindre pour la nuit.
2 Iphicrate, général athénien, qui occupait Corinthe avec une garnison, visitant les postes au moment où l'ennemi approchait, trouva une sentinelle endormie, et la perça d'un javelot. Quelques-uns, blâmant cet acte comme trop cruel: «Tel j'ai trouvé cet homme, leur répondit-il, tel je l'ai laissé.[104]«
3 On dit qu'Épaminondas, général thébain, en fit autant.
XIII. Donner et recevoir des nouvelles.