29 Atilius Regulus, allant du Samnium vers Lucérie, s'aperçut que ses soldats prenaient la fuite à la vue de l'ennemi, qui était venu à sa rencontre. Aussitôt il rangea devant son camp une cohorte à laquelle il ordonna de tuer, comme déserteur, quiconque abandonnerait le champ de bataille.

30 En Sicile, le consul Cotta fit battre de verges Valerius, tribun militaire, de l'illustre famille Valeria.

31 Le même consul, ayant chargé P. Aurelius, son parent, de la conduite du siège de Lipara, pendant qu'il allait lui-même chercher de nouveaux auspices à Messine, le fit battre de verges, pour avoir laissé incendier ses retranchements, et prendre son camp, le mit au nombre des fantassins, et lui imposa le service de simple soldat.

32 Le censeur Fulvius Flaccus exclut du sénat[117] son frère Fulvius, qui, sans l'ordre du consul, avait congédié une légion dans laquelle il était lui-même tribun.

33 M. Caton, ayant donné trois fois le signal du départ, s'éloignait avec sa flotte d'un rivage ennemi où il avait campé quelques jours, lorsqu'un soldat, qui était resté à terre, demanda, par des cris et des gestes, qu'on vînt le prendre. Caton, après avoir ramené à la côte tous ses vaisseaux, ordonna qu'il fût saisi, et mis à mort, aimant mieux le faire servir d'exemple, que de le laisser ignominieusement immoler par les ennemis.

34 Appius Claudius décima des soldats qui avaient pris la fuite, et ceux que le sort désigna périrent sous le bâton[118].

35 Deux légions ayant abandonné le champ de bataille, le consul Fabius Rullus fit désigner par le sort, dans chacune, vingt soldats qui eurent la tête tranchée en présence de l'armée.

36 Aquillius fit périr de la même manière trois hommes par centurie, de troupes qui s'étaient laissé forcer dans leur poste par l'ennemi.

37 M. Antoine, dont le retranchement avait été brûlé par l'ennemi, décima les deux cohortes qui étaient alors chargées de la garde des ouvrages, fit mettre à mort un centurion de chacune, et congédia honteusement le chef de la légion, dont les soldats ne reçurent que de l'orge pour ration.

38 Une légion ayant, d'après l'ordre de son chef[119], mis à sac la ville de Rhegium, ses quatre mille soldats furent emprisonnés et envoyés au supplice. Le sénat défendit même, par un décret, de leur donner la sépulture, et de pleurer leur mort.