Toutes les fois que Tremerello entrait dans ma prison, il me disait : « Monsieur n’a pas encore de réponse. — C’est bien », répondais-je.
Le troisième jour il me dit : « Monsieur N. N. est à moitié malade.
— Qu’a-t-il ?
— Il ne le dit pas, mais il est toujours étendu sur son lit ; il ne mange pas, ne boit pas, et est de mauvaise humeur. »
Je fus ému en pensant qu’il souffrait et qu’il n’avait personne pour le consoler.
Ce cri s’échappa de mes lèvres, ou plutôt de mon cœur : « Je lui écrirai deux lignes.
— Je les porterai ce soir », dit Tremerello ; et il s’en alla.
J’étais un peu embarrassé en me mettant devant ma petite table. « Fais-je bien de reprendre notre correspondance ? Ne bénissais-je pas tout à l’heure la solitude comme un trésor reconquis ? Quelle inconstance est donc la mienne !… Et pourtant cet infortuné ne mange ni ne boit ; sûrement il est malade. Est-ce le moment de l’abandonner ? Mon dernier billet était dur ; il aura contribué à l’affliger. Peut-être, en dépit de nos différentes manières de sentir, il n’aurait jamais rompu notre amitié. Mon billet lui aura semblé plus malveillant qu’il ne l’était ; il l’aura pris pour un congé absolu et méprisant. »
CHAPITRE XLI
J’écrivis ceci :