Mme M. avait, comme on le sait, les cheveux d'un blond fort équivoque. Quelqu'un demanda à Mlle Arnould s'il était vrai qu'un certain lord fût amoureux de sa fille? «Je n'ai pas encore ouï-dire, répondit-elle, qu'aucun Anglais ait fait la conquête de la toison d'or.»
Mlle Duplant était une belle femme. Cette actrice, en jouant le rôle de Circé, avait appris à charmer les amans fortunés qui se présentaient. Sa cupidité lui ayant fait quitter le comte de D. pour un riche boucher dont nous avons déjà parlé, quelqu'un s'étonna que cette Laïs ne sût pas distinguer un gentilhomme d'un homme de la plus vile espèce. «Chacun a son prix, répartit Sophie; mais en fait d'espèce, un homme de quantité vaut mieux qu'un homme de qualité.»
Son jockey étant revenu tout crotté de faire une commission pressée:—Où diable t'es-tu donc mis? lui dit-elle.—Je courais si fort que je suis tombé dans le ruisseau.—Je ne t'avais pas dit, reprit-elle, d'aller ventre à terre.
M. Moline fit représenter en 1780 une pastorale intitulée Laure et Pétrarque. Il se trouvait alors à l'Opéra une figurante nommée Laure, qui sortant de jouer dans cette pièce se plaignit en rentrant au foyer d'un grand mal de cœur. «Je gage, dit Sophie, que cette jeune fille porte avec elle les Œuvres de Pétrarque.»
Depuis longtemps M. de L. avait coutume de passer avec elle toutes ses soirées d'hiver. Un jour il voulait s'en excuser sous quelque prétexte; mais ce fut en vain, et après maintes sollicitations auxquelles il ne put résister, elle finit par lui dire: «Mon cher comte, quand on a brûlé des mêmes feux, il faut cracher sur les mêmes tisons.»