—Je ne vous comprends pas, dit Ellénore d'un ton sévère.

—Tant mieux, reprit Adolphe; cela m'autorise à m'expliquer, et j'ai tant de choses à vous dire!

—Pardon; un concert exige le silence, et nous ne sommes ici que pour écouter… de bonne musique.

—Vous, peut-être, madame; mais moi, je n'y suis venu que pour voir…

—Eh bien, n'empêchez pas les autres d'entendre, interrompit Ellénore, en souriant malgré elle, comme pour adoucir la rigueur de cet ordre.

—Je me tais… aussi bien, vous savez mieux que moi ce que je pense, ce que j'éprouve, autrement seriez-vous si sévère, si malveillante pour moi. Ah! me punir ainsi, il faut que vous connaissiez mon crime.

—Est-ce que Garat ne va pas chanter son air basque? s'empressa de demander Ellénore à madame Delmer qui passait près d'elle.

—Si, vraiment, il finira par un Soir de cet automne. Mais nous voulons qu'il nous dise avant sa dernière romance:

Je t'aime tant, je t'aime tant,
Je ne puis assez te le dire.

—Ah! oui, s'écria M. de Rheinfeld, qu'il chante celle-là, je l'applaudirai de tout mon coeur; et vous madame? ajouta-t-il d'une voix émue en s'adressant à Ellénore.