Le comique nous plaît parce qu'il nous fait moissonner des jouissances de vanité sur des sottises que l'art du poëte nous montre à l'improviste. S'il était un peuple où la première passion fût la vanité, et la seconde le désir de paraître gai, ce peuple ne semblerait-il pas né précisément pour la comédie[xvii]?
[xvii] En 1770.
S'il était une nation rêveuse, tendre, un peu lente à comprendre, manquant de caractère, ne vivant que de bonheur domestique, cette nation ne se donnerait-elle pas un ridicule en voulant morigéner les poëtes comiques qu'elle ne peut comprendre?
Le rire est incompatible avec l'indignation. L'homme qui s'indigne voit:
1o Sûreté, ou grands intérêts;
2o Attaque de tout cela:
or, l'homme qui songe à sa sûreté est trop occupé pour rire[xviii].
[xviii] Les deux Chambres chassent le comique.
L'homme pensif, qui se berce l'imagination par les détails enchanteurs de quelque roman dont il sent qu'il serait le héros si le ciel était juste, va-t-il se retirer de cet océan de bonheur pour jouir de la supériorité qu'il peut avoir sur un Géronte disant de son fils: «Mais que diable allait-il faire dans cette galère?»
Que lui fait la folie de cette repartie adressée au Ménechme grondeur: