[333] Ce n'est qu'en Angleterre que l'on peut comprendre cette phrase du bon Primrose: «My sons hardy and active, my daughters beautiful and blooming,» non plus que le auburn hair.
CHAPITRE CXXII.
LES TOILES SUCCESSIVES.
De même que, pour le premier beau idéal, l'artiste est parti de l'opinion des femmes, de la tribu encore sauvage, et de l'instinct; de même, dans cette seconde recherche de la beauté, faut-il partir des têtes classiques de l'antiquité.
L'artiste prendra la tête de la Niobé, ou la Vénus, ou la Pallas. Il la copiera avec une exactitude scrupuleuse.
Il prendra une seconde toile, et ajoutera à ces figures divines l'expression d'une sensibilité profonde.
Il fera un troisième tableau, où il donnera à la même beauté antique l'esprit le plus brillant et le plus étendu.
Il prendra une quatrième toile, et tâchera de réunir la sensibilité de son second tableau à l'esprit qui brille dans le troisième. Il passera bien près de l'Hermione du Guide[334].
Surtout le peintre s'assurera, par des épreuves multipliées, qu'il ne supprime que les qualités réellement incompatibles.
Je m'attends bien qu'à la première épreuve, dès qu'il voudra donner une sensibilité profonde à la Niobé, l'air de force disparaîtra.
Ici, il ne sera pas éloigné de l'Alexandre mourant de Florence, une des têtes les plus touchantes et les moins belles de l'antiquité.