Ceci nous choque d'autant plus, que le caractère du dix-neuvième siècle est de chercher les émotions fortes, et de les chercher par des moyens simples. Le contourné, le chargé d'ornements, nous paraît sur-le-champ petit. Le grandiose de l'architecture de Michel-Ange est un peu masqué par ce défaut.
Les reproches que le vulgaire fait à Michel-Ange et au Corrége sont directement opposés, et l'on y répond par le même mot.
[483] Écrit et mesuré à la chapelle Sixtine, le 23 janvier 1807. 34.
[484] Je ne suis pas assez théologien pour résoudre une objection qui a pu influer sur la disposition de Michel-Ange. Le Jugement dernier ne me semble qu'une affaire de cérémonie. Il n'est jugement que pour les gens qui viennent de mourir à cause de la fin du monde. Tous les autres pécheurs savent déjà leur sort et ne peuvent s'étonner. Le purgatoire étant supprimé, peut-être les âmes qui ne sont pas assez épurées vont-elles en enfer.
[485] 1817; note de sir W. E.
[486] Milizia, traduit par Pomereuil, Azzara, Mengs.
[487] Comparer le Gladiateur à l'Apollon.
[488] Voir les paupières de la Pallas de Velletri.
CHAPITRE CLXX.
SUITE DU JUGEMENT DERNIER.
Je crois me rappeler qu'il n'y a pas une seule figure de Michel-Ange à Paris[489]. Cela est tout simple. Cependant, comme ce pays a produit un Le Sueur qui a senti la grâce sans le climat d'Italie, je dirai au jeune homme qui sentirait par hasard que des statues copiées et alignées en bas-relief ne sont pas de la peinture: «Étudiez la gravure du Jugement dernier, par Metz[490], elle est dessinée au verre, et d'une fidélité scrupuleuse. Par conséquent elle ne présente pas la pensée de Michel-Ange, mais seulement ce que la censure permit de laisser à Daniel de Volterre. La planche d'ensemble de M. Metz donne le dessin de Buonarotti. Mieux encore, cherchez une petite gravure[491] faite avant Daniel de Volterre. Voilà le contre-poison du style froid, et théâtral, comme le séjour de Venise est le seul remède à votre coloris gris-terreux.»