Jago. —Nel suo ciglio il cor li vedo.
Otello.—Ti son fida... Ahimè! che vedo?
Jago. —Quanta gioja io sento al cor.
A la représentation d'hier (26 juillet 1823), une des plus sublimes que madame Pasta ait jamais données, ce rôle de Jago a enfin été bien joué par un débutant digne des encouragements du public[119]; il a fort bien dit cette cantilène si vraie:
Già la fiera gelosia.
En revanche, où trouver des paroles pour exprimer l'accident fâcheux arrivé au terzetto
Ah vieni, nel tuo sangue,
si divinement chanté à Naples par Davide et Nozzari? Madame Pasta seule est au niveau de la musique dans la fin de ce beau terzetto
Tra tante smanie e tante.
La manière dont elle s'évanouit est sublime de simplicité et de naturel. Elle parvient à rendre intéressant un accident trivial à la scène, un accident qui peut-être est du nombre de ces effets de la nature qui, déshonorés par l'ironie moderne, ne sont touchants que dans la réalité, et doivent être abandonnés par l'imitation dramatique.
Il y a un fort beau passage d'orchestre, agitato, dans l'air de Desdemona au moment de l'arrivée de ses femmes:
Qual nuova a me recate?