Les partitions de Rossini n'ont pas besoin, pour être rangées dans la première de ces catégories, des talents auxquels l'administration de la rue de Louvois a remis le soin de leur exécution; mais ces talents méritent aussi beaucoup d'éloges, et il est juste de dire que l'opéra italien n'a peut-être jamais été joué avec un ensemble aussi parfait. Madame Pasta, depuis ses débuts, a fait de véritables progrès. Garcia se montre dans Otello chanteur habile et grand tragédien; il saisit à merveille toutes les nuances dont se compose le caractère violent et passionné de l'amant de Desdemona.


Les gens qui aiment les bonnes raisons et les arguments forts en musique me sauront un gré infini d'avoir reproduit la lettre de M. Berton, de l'Institut, et surtout de leur avoir indiqué l'Abeille, journal où ce grand compositeur a déposé, à diverses reprises, ses jugements sur M. Rossini, et les avis qu'il veut bien donner à cet Italien.

Quoi qu'il en soit de la force de la dialectique de M. Berton, il vient de mettre en lumière une réponse plus accablante encore pour l'auteur d'Otello et du Barbier. C'est la partition de Virginie, grand opéra fort correct, et qui, dans ce moment (juillet 1823), a un succès fou à l'Académie royale de Musique, et va faire le tour de l'Europe. Mais où trouver en Italie un acteur pour chanter le rôle d'Appius comme M. Derivis? Voilà une difficulté.

[42] On entend par tenore la voix forte de poitrine dans les tons élevés. Davide brille dans la voix de tête, le falsetto. On écrit en général l'opéra buffa et l'opéra di mezzo carattere pour des ténors à vois ordinaires, et qui, d'après les opéras où ils chantent, sont appelés tenori di mezzo carattere, Les vrais ténors brillaient dans l'opéra séria.

[43] Tu regere imperio populos, Romane, memento. Virgile.

[44] Sonnet de... à Reggio. Vision de Prina, Milan 1816. Poëmes de Buratti, à Venise.

[45] Mes administrés pêchent des idées dans ce que vous dites. Ce reproche est historique, 1819.

[46] Toutes les premières représentations sont froides à Louvois.

[47] Auteur de cet air sublime et si célèbre dans les annales de la musique antique, le Misero pargoletto de Demophon.