Probablement un des jeunes gens de vingt-six ans qui lisent ce chapitre, sera ministre de la maison du roi, ou administrateur des opéras, d'ici à quinze ans.
Un ministre songe au cours de la rente et à conserver sa place. Il est donc fort inutile d'adresser des observations à Son Excellence; mais un jeune homme, en rentrant le soir de sept à huit salons bien lourds, où il est allé préparer sa grandeur future, peut ouvrir une brochure par désœuvrement; et heureuse entre toutes les autres, la brochure ouverte en cet instant, il faut qu'elle soit bien vide pour ne pas gagner au contraste.
Supposons donc qu'un homme de sens soit ministre de la maison du roi; voici les faits et les raisonnements que je voudrais que cet homme de sens eût connus dans sa jeunesse.
L'administration actuelle de l'Opéra-Buffa fait un secret d'État du montant de ses recettes. On sait seulement qu'elle a droit à une subvention de 120,000 francs sur la liste civile. Que devient cette somme? Dans la poche de qui va-t-elle se perdre? Questions indiscrètes. Je n'ai aucun rapport avec l'administration de l'Opéra-Buffa; je ne puis donc établir qu'à l'aide du raisonnement et des probabilités tous les chiffres que je vais citer. Si l'administration nie mes calculs, elle pensera sans doute que la seule manière irréfutable de les réfuter, c'est de publier la vérité des faits.
Les recettes ordinaires faites à la porte du théâtre varient de 1800 à 900 francs.
| Je les estime à 1200 francs par jour de représentation. Il y en a trois par semaine; cela fait par an | 122,800 | fr. |
| La location des loges (toutes à l'année depuis deux ans) produit environ 2400 francs par jour de représentation, ce qui fait pour l'année | 345,600 | |
| Total de la recette présumée | 468,400 | fr. |
CALCUL APPROXIMATIF DES DÉPENSES DE L'OPÉRA-BUFFA[125].
Appointements.