Il y eut une conscription dont Julien fut exempté en sa qualité de séminariste. Cette circonstance l'émut profondément. Voilà donc passé à jamais l'instant où vingt ans plus tôt, une vie héroïque eût commencé pour moi.
Il se promenait seul dans le jardin du séminaire, il entendit parler entre eux des maçons qui travaillaient au mur de clôture.
—Hé bien! y faut partir, v'là une nouvelle conscription.
—Dans le temps de l'autre à la bonne heure, un maçon y devenait officier, y devenait général, on a vu ça.
—Va-t'en voir maintenant! il n'y a que les gueux qui partent. Celui qui a de quoi reste au pays.
—Qui est né misérable, reste misérable, et v'là.
—Ah ça, est-ce bien vrai, ce qu'ils disent, que l'autre est mort? reprit un troisième maçon.
—Ce sont les gros qui disent ça, vois-tu! l'autre leur faisait peur.
—Quelle différence, comme l'ouvrage allait de son temps! Et dire qu'il a été trahi par ses maréchaux! Faut-y être traître!
Cette conversation consola un peu Julien. En s'éloignant il répétait avec un soupir: