XL
A sa Sœur Pauline.

Brunswick[188], 25 décembre 1807.

Je pars aujourd’hui, jour de Noël, à 5 heures du matin, pour Paris. Je t’écris cela bien pour que tu aies à m’écrire bien vite à Paris, rue de Lille, nº 55.

Je devais partir il y a huit jours, mais le Gouvernement et l’Intendant ont voulu attendre des matériaux plus étendus pour ma mission.

Tous les préparatifs du voyage sont enfin finis. Il fait un temps affreux mêlé de pluie, de grêle et de neige, il fait noir comme dans un four, le vent éteint les bougies dans les lanternes de la voiture. Hier, à 7 heures du soir, je ne pensais plus à ce voyage; il aura ses peines et ses plaisirs, revoir tant de personnes si chères! mais les quitter au bout de huit jours!

Je t’écrirai dès que j’aurai mis le pied en France, à Mayence. Je vais par Cassel, Fulde, Francfort. Les postes sont si indignement servies que nous ne recevons point de lettres directement. Peut-être celles que nous écrivons ont-elles le même sort. D... est en bonne santé et en route de Posen sur Varsovie.

Porte-toi bien et aime-moi et écris-moi. Dis à nos connaissances comme Mme Marnay que je saisis l’occasion de la nouvelle année pour l’assurer que quoique galopant de Brunswick à Paris, je ne l’en aime pas moins que lorsque Colomb et moi allions faire la partie chez elle.

Ainsi de suite, n’oublie pas.

Henri[189].