Nous serons demain soir à Vienne; Saint-Polten en est à seize lieues. S. M. y est, très probablement.
Réunis, je t’en prie, tous les renseignements qui peuvent servir à un journal de mon voyage.
Je ferai copier cela par quelque écrivain du coin des rues, bien bête et ayant une belle écriture.
Le temps me manque pour tout.
Ce matin, en quittant cette belle abbaye, le hasard m’a mis dans la voiture de Martial[196]. Aussitôt notre solitude: «Il m’est arrivé dernièrement à Paris une chose plaisante, etc., etc.» Confiance adorable, dirait un courtisan, je dis seulement confiance parfaite.
Deux ou trois heures de penser tout haut avec moi, et, sans que je le demandasse, promesse réitérée et venant de lui, que je serais adjoint dans la garde à la première vacance, vacance assez probable.
Je saute vingt autres choses; en un mot, tout ce que je pouvais désirer.
Entretiens moi dans le souvenir de Mme de Bézieux, en lui racontant pompeusement quelques-unes des esquisses de mon voyage, d’après une lettre reçue la veille, le tout convenablement enduit de compliments.
Ecris-moi donc sous le couvert de M. Daru.
Je n’ai encore eu de toi qu’une lettre de quatre pages upon Lewis’s love for Miss[197].... Fais aussi penser à moi dans cette maison.