Sagan, le 15 juin 1813.
Je règne ma chère Pauline, mais comme tous les rois, je baille un peu; écris-moi et presse la De[204].
J’espère être tiré de mon trou vers le 26 juillet, écris comme à l’ordinaire. Mille choses à Périer. Ne fais-tu pas de voyage cette année? Mon appartement t’attendait.
Adieu, je tombe de fatigue.
Cel Favier[205].
Donne-moi des nouvelles de notre bon grand-père. Fais-lui parvenir des miennes.
XLVIII
A la Même.
Venise[206], le 8 octobre 1813.
Ma chère amie,
Les premières années d’un homme distingué sont comme un affreux buisson. On ne voit de toutes parts qu’épines, et branches désagréables et dangereuses. Rien d’aimable, rien de gracieux dans un âge où les gens médiocres le sont pour ainsi dire malgré eux, et par la seule force de la nature. Avec le temps, l’affreux buisson tombe à terre, l’on distingue un arbre majestueux, qui par la suite porte des fleurs délicieuses.