H. B.[289].
LXVIII
Au baron de Mareste.
Milan, le 20 octobre 1820.
Ai-je besoin de vous répéter que vous avez le pouvoir despotique sur Love[290].
Si vous trouvez du baroque, du faux, de l’étrange, laissez passer; mais si vous trouvez du ridicule, effacez. Consultez l’aimable Maisonnette, qui, en corrigeant les épreuves, est prié de tenir note des passages ridicules.
Le faux, l’exagéré, l’obscur, sont peut-être tels à vos yeux et non aux miens. Corrigez aussi les fautes de syntaxe française.
J’attends avec impatience que vous m’annonciez l’arrivée du manuscrit; je n’en ai pas d’autre. Dès qu’il y aura une feuille d’épreuve, envoyez-la moi à l’adresse ordinaire. Je m’amuserai, à la campagne, à corriger le style pour une seconde édition.—Vous aurez la comédie romantique[291] dans six mois.
Si vous avez la patience de lire Love, dites-moi franchement ce que vous en pensez. Maisonnette le trouvera obscur, exagéré, trop dénué d’ornements.
Je voudrais qu’il n’arrivât aucun exemplaire aux lieux où je suis. La jalousie de la peinture[292] a porté plusieurs personnes à me calomnier. Il paraît que la calomnie est presque entièrement tombée.
J’ai la plus entière confiance dans le cynique comte Stendhal; je le crois parfaitement honnête homme.