Paris, le 10 mars 1829.
(Café Teissier, vis-à-vis là Bourse).
Je vous remercie sincèrement; je vois que vous suivez avec intérêt ma pauvre petite affaire. J’ai refait, depuis six semaines, tous les morceaux de l’itinéraire de Rome qui me semblaient manquer de profondeur. Il n’y a pas d’amour-propre à vanter ce livre, dont les trois quarts sont un extrait judicieux des meilleurs ouvrages. Si j’avais épousé la fille sans jambes de M. Bertin de Vaux, j’aurais six mille francs de ces deux volumes[336]. M. de Latouche m’a dit quatre mille.
Si M. Ladvocat en donne quatre mille francs, ce ne sera que trois mille six cents, à cause des escomptes à payer à M. Pourra. Je pense que nous serions heureux d’en avoir trois mille. Comme j’ai besoin d’argent, suivant la phrase des vendeurs de meubles, je le donnerai même à moins; mais réellement c’est dommage. Aucun être, bien élevé, n’ira à Rome, sans acheter cet itinéraire.
Il faudrait que vous eussiez la bonté de voir Mirra[337], je ne l’ai pas assez cultivé; il m’écrit avec un Monsieur en tête.
Le brave Colomb pioche ferme avec moi, tous les matins[338]. Je suis prêt à livrer les deux volumes; j’ai de quoi en faire trois.
Je puis, comme disent les marchands, forcer en anecdotes, ou forcer dans le genre instructif.
J’étais avec Amica[339] à la représentation Bouffé; c’est une attrape incroyable. Il semble qu’une des nouveautés, la Recette, n’a pas été terminée.
M. Ladvocat devrait placer vis-à-vis le titre Promenades dans Rome, une vue de Saint-Pierre[340], cela soulagerait beaucoup l’attention du lecteur qui n’est pas à Rome. J’espère que vous serez content de la description du Vatican et de Saint-Pierre. A cela, il n’y a d’autre mérite que la patience.
Le général Claparède était en grande loge avec la Noblet[341]; cela m’a choqué.—J’ai été content de la figure napolitaine de la duchesse d’Istrie.—Félicie, des Variétés, avait l’air d’un mulet de Provence, fier de porter son panache.
P. F. Piouf[342].