«Le pauvre garçon vient de recevoir un fier soufflet; il quitte la première ville de commerce du continent (900 vaisseaux entrés, 890 sortis en 1830, sans compter un immense cabotage. Cette parenthèse est pour vous). Donc, on le renvoie d’une ville superbe, pour le jeter dans un trou, qui ressemble fort à Saint-Cloud; si ce n’est qu’il est beaucoup plus laid. C’est un ancien serviteur; il a quarante-huit ans, dont quatorze à l’armée; il a vu Moscou et Berlin, comme vous, général; donc la
.»
Toute plaisanterie à part, vous n’avez pas d’idée de la supériorité dont jouissent les Consuls crucifiés sur les autres. Rien ne se fait que pour le bonheur d’être admis souvent aux dîners et aux soirées du Gouverneur[350].
LXXXVIII
Au Même.
Trieste, le 16 mars 1831.
Enfin, cher ami, ce matin j’ai reçu la lettre de voyage, dont voici copie.
Paris le 5 mars 1831.
Monsieur, j’ai l’honneur de vous annoncer que le Roi a jugé utile au bien de son service de vous nommer Consul de France à Civita-Vecchia, et que S. M. par la même ordonnance, en date du 5 de ce mois, a désigné pour vous remplacer M. Levasseur, qui se dispose à se rendre prochainement à Trieste. Vous voudrez bien, toutefois, Monsieur, ne pas quitter ce poste avant l’arrivée de votre successeur, et sans lui avoir fait la remise régulière des papiers de la chancellerie du Consulat. Je vous préviens en même temps, Monsieur, que je vais envoyer votre brevet à l’ambassadeur du Roi à Rome, en l’invitant à vous le transmettre directement à Civita-Vecchia, aussitôt que, par ses soins, il aura été revêtu de l’exequatur du gouvernement pontifical. Sa Majesté ne doute pas du zèle, etc.
H. Sébastiani.