Je dévorais les annonces de livres à vendre qui arrivaient avec les journaux. Mes parents recevaient alors, ce me semble, un journal en société avec quelqu'un.

J'allai m'imaginer que Florian devait être un livre sublime, apparemment d'après les titres: Gonsalve de Cordoue, Estelle, etc.

Je mis un petit écu (3 francs) dans une lettre et j'écrivis à un libraire de Paris de m'envoyer un certain ouvrage de Florian. C'était hardi, qu'eût dit Séraphie à l'arrivée du paquet?

Mais enfin il n'arriva jamais, et avec un louis que mon grand-père m'avait donné le jour de l'an j'achetai un Florian. Ce fut des œuvres de ce grand homme que je tirai ma première comédie[28].


[1] Le chapitre XVI est le chapitre XII du manuscrit (R 299, fol. 226 à 248).—Écrit à Rome, les 15 et 16 décembre 1835.

[2] Je travaillais sur uns petite table au point P ...—Un fol. 226 bis est rempli par un plan d'une partie de l'appartement Gagnon, avec le «grand salon à l'Italienne». (Voir notre plan de l'appartement Gagnon.)

[3] ... m'apprit qu'on venait de guillotiner deux prêtres.—Variante: «Deux généraux de brigade.» Voir l'explication de ce terme donnée plus loin par l'abbé Dumolard au jeune Henri.

[4] ... date de la mort de MM. Revenus et Guillabert—Les abbés Revenas et Guillabert furent guillotinés le 26 juin 1794. (Voir A. Prudhomme, Histoire de Grenoble, p. 645.)