Si jamais je repasse par Grenoble, il faut que je fasse faire des recherches dans les archives de la Préfecture pour les années de 1794 à 1799 inclusivement. Le procès-verbal imprimé de la distribution des prix me donnerait la date de tous ces petits événements dont, après tant d'années, le souvenir me revient avec plaisir. J'étais à la montée de la vie, et avec quelle imagination de feu ne me figurais-je pas les plaisirs à venir?... Je suis à la descente[22].
Après ce mois d'août triomphant, mon père n'osa plus s'opposer d'une façon aussi ferme à ma passion pour la chasse. Il me laissa prendre de mauvaise grâce son fusil et même un fusil de calibre de munition, plus solide, qui avait été fait de commande pour feu M. Rey, notaire, son beau-frère.
Ma tante Rey[23] était une jolie femme que j'allais voir dans son joli appartement, dans la cour du Palais. Mon père ne voulait pas que je me liasse[24] avec Edouard Rey, son second fils, inique polisson lié avec la pire canaille. (C'est aujourd'hui le colonel d'artillerie Rey, insigne Dauphinois, plus fin et plus trompeur à lui tout seul que quatre procureurs grenoblois, du reste archi-cocu, bien peu aimable, mais qui doit être un bon colonel dans cette arme qui a tant de détails. Il me semble qu'en 1831 il était employé à Alger. Il a été amant de M. P.[25])
[1] Le chapitre XXXII est le chapitre XXVII du manuscrit (fol. 469 à 500).—Ecrit à Rome, les 19 et 20 janvier 1836.
[2] ... le cours de M. Dubois (imprimé depuis en quatre volumes ...—Dubois-Fontanelle, Cours de Belles-lettres. Paris, Dufour, 1813-1820, 4 volumes in-8°.
[3] ... Grandisson ...—Roman épistolaire de Richardson, publié en 1753.
[4] ... ce grand hâbleur, si nul comme peintre, avait un talent marqué ...—Variante: «Ce grand hâbleur, qui avait si peu de talent comme peintre, en avait un fort grand.... »