L'opéra français m'a aigri encore plus puissamment jusqu'en 1830, et m'a encore complètement déplu en 1833, avec Moncrif et Mme Damoreau.
Je me suis étendu, puisqu'on est toujours mauvais juge des passions ou goûts qu'on a, surtout quand ces goûts sont de bonne compagnie. Il n'est pas de jeune homme affecté du faubourg Saint-Germain, comme M. de Blancmesnil, par exemple, qui ne se dise fou de la musique. Moi, j'abhorre tout ce qui est romance française. Le Panseron[10] me met en fureur, il me fait haïr ce que j'aime à la passion.
La bonne musique me fait rêver avec délices à ce qui occupe mon cœur dans le moment. De là, les moments délicieux que j'ai trouvés à la Scala, de 1814 à 1821.
[1] Le chapitre XXXVIII est le chapitre XXXIII du manuscrit (fol. 619 à 635). Ecrit a Rome, du 3 au 5 février 1836. Stendhal note le 3 février: «Pluie infâme et sirocco donnant mal à la tête»; le 4 février, «pluie continue; le Tibre monte au tiers de l'inscription sous le pont Saint-Ange»; le 5 février, «vu le Tibre».
[2] Mais une foie l'art de la comédie sur ma table ...—Suit un plan de la chambre de Stendhal. Sa table est près de l'une des deux fenêtres.
[3] ... au teint près ...—Ms.: «Presque.»
[4] ... Mozart.—Don Juan.
[5] Il n'en faut boire qu'un verre.—Une partie du fol. 626 a été laissée en blanc.
[6] ... observé par moi et par Constantin ...—Abraham Constantin, peintre sur porcelaine, ami de Stendhal, auquel est légué, dans les divers testaments de l'auteur, le manuscrit de la Vie de Henri Brulard.