I
Mon âme, en une rose,
Est morte de douleur:
C’est l'histoire morose
Du rêve et de la fleur.
Je n’irai pas la dire
Sur les routes du roi;
Je crois, Dame et Messire,
Que vous ririez de moi.
Voici le vent d’automne
Sur mon âme et les fleurs;
Et pourtant je m’étonne
De tout ce ciel en pleurs.
O rose de mon rêve,
Fleuriras-tu jamais?
Naîtras-tu de sa sève,
Amour, aux futurs Mais?...
II
Des fleurs du soir plein tes mains,
Tous les cieux dans tes yeux,
Et l’espoir des lendemains
Dans les yeux et les cieux,
Tu vins par la plaine jaune
En ce froid mois d’automne,
O la donneuse d’aumône
Dont le pauvre s'étonne.