XXIV.

AGATHE À ZOÉ.

J'aime à intituler ainsi chaque page de mon journal. Ce titre me fait une douce illusion. Il me semble que je t'écris réellement une lettre, et que tu dois me lire aussitôt. J'ai besoin de te croire près de moi, et à portée de me surveiller. Hélas! tu n'existes plus pour moi que dans les souvenirs de mon cœur; de longues mers nous séparent peut-être pour toujours. Je ne serai plus peut-être, quand tu reviendras sur le continent et dans notre patrie.

Un soir, après la prière commune, je demandai en tremblant à Saint-Almont de me permettre de lui adresser quelques paroles en particulier. Il accueillit mon vœu; j'entrai avec lui dans son petit oratoire, et lui dis:

AGATHE.

Mon très-honoré supérieur, nous avons appris que votre secrétaire quitte la maison...

SAINT-ALMONT.

Oui, et je regrette ce jeune homme. C'est un excellent sujet.

AGATHE.

Nous l'aimons tous...