UN SANS-CULOTTE ALLEMAND, conduisant l'empereur qui ouvre la marche.

Place à sa majesté l'empereur... Il ne lui a manqué que du temps et plus de génie pour consommer tous les forfaits commis par la maison d'Autriche, et pour porter à leur comble les maux que Joseph II et Antoinette voulaient, et firent à la France. Fléau de ses voisins, il le fut encore de son pays, dont il épuisa la population et les finances. Il fit languir l'agriculture, entrava le commerce, enchaîna la pensée. (en secouant sa chaîne.) N'ayant pu avoir le principal lot dans le partage de la Pologne, il voulut s'en dédommager en ravageant les frontières d'une nation dont il redoutait les lumières et l'énergie. Faux ami, allié perfide, faisant le mal pour mal faire; c'est un monstre.

FRANÇOIS II.

Pardonnez-moi; je ne suis pas aussi monstre qu'on paraît le croire. Il est vrai que la Lorraine me tentait: mais la France n'eût-elle pas été trop heureuse d'acheter la paix et le bon ordre au prix d'une province? N'en a-t-elle pas déjà assez. D'ailleurs, s'il y a quelqu'un à blâmer, c'est le vieux Kaunitz qui abusa de ma jeunesse, de mon inexpérience: c'est Cobourg, c'est Brunswick.

L'ALLEMAND. (Il le lâche.)

Dis, ta vilaine ame, ton mauvais cœur... Achève ici de vivre, séparé à jamais de l'espèce humaine, dont toi et tes confrères avez fait trop long-temps la honte et le supplice.

UN SANS-CULOTTE ANGLAIS menant le roi d'Angleterre en lesse avec une chaîne.

Voici sa majesté le roi d'Angleterre, qui, aidé du génie machiavélique de M. Pitt, pressura la bourse du peuple Anglais, et accrut encore le fardeau de la dette publique pour organiser en France la guerre civile, l'anarchie, la famine, et le fédéralisme, pire que tout cela.

GEORGE.

Mais je n'avais pas la tête à moi, vous le sçavez. Punit-on un fou? On le place à l'hôpital.