LVIII.
La Raison veut que tout citoyen qui aura choisi pour épouse et compagne une femme lettrée ou une virtuose, soit par le fait, regardé comme inhabile à remplir une fonction publique de quelqu'importance.
Périclès, gouverné par une femme philosophe, ne gouverna point Athènes avec toute la sagesse qu'on attendait de lui. Son administration fut brillante, mais aux dépens de la liberté publique; et cependant Périclès n'avait pas craint d'adresser aux dames d'Athènes le discours suivant, traduit mot-à-mot:
«Pour ce qui vous regarde, voici quel est mon avis en peu de paroles; n'aspirez qu'à ces vertus qui sont particulières à votre sexe, suivez la modestie qui vous est naturelle; et croyez que le plus grand éloge que vous puissiez obtenir, c'est qu'on ne dise rien de vous ni en bien ni en mal.»
LIX.
La Raison... qui dispense les femmes d'apprendre à lire et à écrire, pour empêcher qu'elles n'éludent la présente loi, en dictant les produits de leur imagination à un copiste complaisant, défend à tout homme d'écrire sous la dictée des femmes, excepté une lettre à leurs pères ou à leurs maris absens, ainsi tout ce qui peut intéresser l'économie domestique.
LX.
La Raison veut que tous les bons livres (et ils ne sont pas en si grand nombre) soient lus aux femmes, mais non lus par elles.
LXI.
La Raison veut que les chefs de maison, les pères et les maris se fassent un devoir de remplir les fonctions de lecteurs auprès des femmes. Est-il un tableau plus touchant que celui de Greuze, représentant un père de famille, lequel assis à une table, fait lecture de la bible à ses enfans rangés autour de lui?