Elle disoit que la comtesse de Fiesque étoit un moulin à paroles.
Madame de Lionne ayant été fort coquette, et étant sur le retour, elle soutenoit le débris de ses charmes par beaucoup de pierreries; madame Cornuel disoit que c'étoit du lard dans une souricière[ [214].
En 1693, où les armées furent long-temps sans rien faire de considérable, et coûtoient des sommes immenses, madame Cornuel disoit que nous n'avions guère de nouvelles pour notre argent.
Il étoit grand bruit la même année, que toutes les femmes, et surtout les duchesses, alloient manger chez M. le chancelier et chez M. de Pontchartrain; elle dit qu'il falloit que ces messieurs fissent de la soupe pour les duchesses, comme l'on en fait pour les pauvres dans les paroisses.
Madame Cornuel entendant dire: Nous avons une grande guerre à soutenir, et nous n'avons point d'alliés, dit: «Pardonnez-moi, il nous reste encore le roi de Siam; voilà des envoyés qui partent pour lui[ [215].»