[115] Cette facétie orne le frontispice de l'Abus des Plaideurs. On répondit à Cappel par un quatrain lourd et grossier, attribué à Rapin, que cite la Biographie. Ce donneur d'avis obtint le 27 septembre 1612 un arrêt du conseil qui lui accordoit le vingtième denier d'un nouveau fonds qu'il proposoit sur le ménage du domaine du roi. Une copie collationnée de cet arrêt existe dans le manuscrit du roi 8778, in-folio. Fonds de Béthune, p. 64.
[116] Mémoires, liv. 12.
[117] «J'ai appris de la vieille madame Pilou, dit Sauval, qu'il n'y a point eu de carrosse à Paris avant la fin de la Ligue... La première personne qui en eut étoit une femme de sa connoissance et sa voisine, fille d'un riche apothicaire de la rue Saint-Antoine, nommé Fayereau, et qui s'étoit fait séparer de corps et de biens d'avec Bordeaux, maître des comptes, son premier mari.» (Antiquités de Paris, tome 1er, p. 191.)
[118] On trouvera plus bas un article sur cet Arnauld; on y donne la raison du surnom bizarre qu'il portoit.
[119] Ceci doit être entendu de Louis XIII et non de Henri IV. François Du Val, marquis de Fontenay-Mareuil, élevé auprès du dauphin, comme enfant d'honneur, n'avoit que quinze ans à la mort de Henri IV. Il épousa en novembre 1626 Suzanne de Monceaux. Fontenay-Mareuil s'est rendu célèbre dans la carrière des ambassades; il a laissé des Mémoires importants qui ont été publiés pour la première fois dans la première série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, tomes 50 et 51.
[120] Grand m... du roi (T.)—Cette assertion de Tallemant sur les fonctions secrètes de La Varenne ne paroît pas dénuée de vraisemblance. Son premier office avoit été celui de cuisinier chez Madame: il excelloit à piquer les viandes. Quand il eut fait fortune et quand Guillaume Fouquet (c'étoit son nom) eut gagné le marquisat de La Varenne, Madame le rencontrant un jour, lui dit: «La Varenne, tu as plus gagné à porter les poulets de mon frère qu'à piquer les miens.» Il fut fait porte-manteau du Roi, puis conseiller d'état et contrôleur général des postes; toutefois ces différentes charges ne le détournèrent jamais du soin de ses missions amoureuses. Mais l'âge du Roi diminuoit chaque jour l'importance du rôle de son confident; aussi La Varenne ayant obtenu une grâce nouvelle du prince, comme le chancelier de Bellièvre faisoit quelques difficultés d'en sceller l'expédition, La Varenne lui dit: «Monsieur, ne vous en faites pas tant accroire: je veux bien que vous sachiez que si mon maître avoit vingt-cinq ans de moins, je ne donnerois pas mon emploi pour le vôtre.»
[121] M. de Rohan; le comte de Vertus d'Avaugour. (T.)—Henri, duc de Rohan, épousa en 1605 Marguerite de Béthune-Sully, et Claude de Bretagne, comte de Vertus, avoit épousé Catherine Fouquet, fille du marquis de La Varenne.
[122] Par allusion au supplice du maréchal de Biron, décapité le 31 juillet 1602.
[123] Duret de Chevry, sur lequel on verra plus bas un article dans ces Mémoires, et La Clavelle de Chevigny avoient été secrétaires de Sully. (Voyez l'avertissement qui précède les Mémoires de Sully, Tome 1er, p. 3, de la 2e série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France.)
[124] Tout ceci contraste fort avec le caractère d'austérité de convention qu'on a prêté à Sully. Il est surtout une pointe qui traîne dans tous les ana historiques et qui se trouve révoquée en doute par le récit de Tallemant. Si l'on en croit les conteurs, après la mort de Henri IV le prince de Condé témoigna un jour le désir que le marquis de Rosny, fils de l'ex-surintendant, figurât dans un ballet qu'il montoit. Sully lui aurait répondu avec cette sévérité théâtrale que la tradition lui prête: «Rosny est marié, il a des enfants, ce n'est plus à lui à danser.—Je vois bien ce que c'est, auroit repris le prince, vous voulez faire de mon ballet une affaire d'Etat.—Nullement, monsieur, lui répondit Sully, tout au contraire: je tiens vos affaires d'Etat pour des ballets.» Cela est bien digne, mais Tallemant est plus naturel, et il étoit rapproché des sources.