[238] M. le Grand Prieur fut tué par un nommé Altoviti, qui avoit été corsaire, et alors capitaine de galère, après avoir enlevé une fille de qualité, la belle de Rieux-Château-Neuf, qu'Henri III pensa épouser; ce fut elle qui lui dit qu'il parlât pour lui un jour qu'il lui parloit pour un autre. Henri III le tenoit comme espion auprès de M. le Grand Prieur, qui, l'ayant découvert, alla chez lui en dessein de lui faire affront. Mais Altoviti, blessé à mort par ce prince, lui donna un coup de poignard dont il mourut[238-A]. Il est vrai qu'il reçut cent coups après sa mort, car les gens du gouverneur se jetèrent tous sur lui.
Un jour ce M. le Grand Prieur, qui avoit l'honneur de faire de méchants vers, dit à Du Perrier: «Voilà un sonnet; si je dis à Malherbe que c'est moi qui l'ait fait, il dira qu'il ne vaut rien; je vous prie, dites-lui qu'il est de votre façon.» Du Perrier montre ce sonnet à Malherbe en présence de M. le Grand Prieur. «Ce sonnet, lui dit Malherbe, est tout comme si c'étoit M. le Grand Prieur qui l'eût fait.» (T.)
[238-A] Le 2 juin 1586.
[239] C'étoit en 1601. Le cardinal n'étoit encore qu'évêque d'Evreux.
[240] Voyez les stances à M. le premier président de Verdun pour le consoler de la mort de sa première femme. (Poésies de Malherbe, Paris, Barbou, 1764, in-8o, pag. 239.)
[241] Elle fut composée en 1608. Voyez cette ode, pag. 103 du volume précité. La strophe dont les deux premiers vers sont rappelés ici est la cinquième dans l'édition de Barbou.
[242] Edition Barbou, pag. 65.
[243] Racan, on le pense bien, s'est donné de garde d'entrer dans ces détails sur la lésine du Roi, et de la laisser même entrevoir.
[244] Voyez l'ode à Louis XIII. Edition Barbou, pag. 258.
[245] Régnier, satire 9.