M. d'Épernon, pour avoir mal vécu avec sa femme, s'est attiré toutes les calamités qu'il a eues.
On a dit que Puy-Laurens avoit été empoisonné avec des champignons, et on disoit que les champignons du bois de Vincennes étoient bien dangereux. Mais il mourut comme le grand prieur de Vendôme et le maréchal d'Ornano, à cause de l'humidité d'une chambre voûtée, et qui a si peu d'air que le salpêtre s'y forme. Madame de Rambouillet disoit plaisamment que cette chambre valoit son pesant d'arsenic, comme on dit son pesant d'or. Le cardinal de La Valette lui redisoit toujours cela. (T.)
[521] L'écrit qui l'a le plus fait enrager depuis cela, a été cette satire de mille vers, où il y a du feu, mais c'est tout. Il fit emprisonner bien des gens pour cela: mais il n'en pu rien découvrir. Je me souviens qu'on fermoit la porte sur soi pour la lire. Ce tyran-là étoit furieusement redouté. Je crois qu'elle vient de chez le cardinal de Retz; on n'en sait pourtant rien de certain. (T.)—Cette pièce est connue sous le nom de la Milliade, parce qu'elle se compose de mille vers. Son véritable titre est: le Gouvernement présent, ou Éloge de Son Éminence. Barbier, qui, dans son Dictionnaire des Anonymes, en indique une édition de Paris, 1643, in-8o, dit à l'occasion de cet ouvrage: «Cette satire, publiée vers 1633, existe aussi sans indication de ville, sans nom d'imprimeur et sans date. On n'est pas bien certain du nom de son auteur: les uns l'attribuent à Favereau, conseiller à la cour des aides; les autres à d'Estelan, fils du maréchal de Saint-Luc; d'autres au sieur Brys, bon poète du temps. Cette dernière opinion paroît la plus fondée.» (Voyez la Bibliothèque historique de la France, t. 2, no 32485.)
[522] Le cardinal a affecté de se faire appeler Monseigneur. (T.)
[523] Lambert le riche. Ce Lambert est mort, et se tua tellement à amasser du bien qu'il n'en a point joui. Il laissa cent mille livres de rente à son frère. Ce sont les fils d'un procureur des comptes. (T.)
[524] Bernard de Saxe, duc de Weimar.
[525] Où il fut battu le 7 septembre 1654 par les Impériaux; il commandoit l'armée suédoise.
[526] Jean Filesac, docteur de Sorbonne, et curé de Saint-Jean en Grève, mourut en 1638. Il a laissé un assez grand nombre d'ouvrages, écrit sans méthode, mais pleins de recherches.
[527] Edmond Richer, docteur de Sorbonne, principal et supérieur du collége du cardinal Le Moine, a été un des plus zélés défenseurs de nos libertés gallicanes; il résista courageusement au nonce Ubaldini et au cardinal Du Perron, qui voulurent, en 1611, faire soutenir chez les Dominicains des thèses sur l'infaillibilité du pape, et sa supériorité sur le concile. Son livre, de Ecclesiasticâ apostolicâ potestate, composé pour le premier président de Verdun, a donné lieu à bien des disputes.
[528] Voyez la description que fait La Fontaine du château de Richelieu dans une lettre adressée à sa femme le 27 septembre 1663. Cette lettre a été publiée en 1820, pour la première fois, par l'un des trois éditeurs à la suite des Mémoires de Coulanges.