[538] Au sujet de ce siége d'Hesdin, je me rappelle qu'un baron de Languedoc dont j'ai oublié le nom, parent de madame de Cavoye, avoit trouvé une sorte de boulets creux qu'on emplissoit de poudre à canon, et qui, avec une certaine mèche qui s'allumoit quand on tiroit, crevoit en terre et faisoit quasi autant d'effet qu'une mine. Le feu Roi Louis XIII en fit l'épreuve à Versailles, où on fit construire exprès une demi-lune de terre. Saint-Aoust, lieutenant-général de l'artillerie, envoya par malice de méchante poudre; le baron s'en plaignit, le Roi se fâcha. Saint-Aoust vint et en apporta de la bonne. L'effet fut grand; le Roi présenta le baron au cardinal à Ruel; le cardinal feignit d'en être ravi; mais à cause que cela étoit un grand profit à l'artillerie, en réduisant l'équipage au quart des charrettes, il fit si bien qu'on ordonna à cet homme de se retirer. Rien n'étoit plus utile pour les ouvrages de terre. (T.)—On attribue l'invention de la bombe à un ingénieur italien qui s'en servit contre la ville de Berg-op-Zoom; cependant, selon quelques historiens, des bombes furent employées en 1495 à l'attaque d'une forteresse du royaume de Naples; selon d'autres le comte de Mansfeld lança les premières bombes en 1588 dans Walhtendonck, ville de Gueldre. Les bombes furent employées pour la première fois en France au siége de Mézières en 1521; le maréchal de la Force s'en servit en 1634, au siége de la Motte, sous Louis XIII. (Mémorial portatif de chronologie; Paris, 1829, t. 1, p. 476.)

[539] Elle a été publiée sous ce titre: L'Idée d'un bon magistrat en la vie et en la mort de M. de Cordes, conseiller au Châtelet de Paris, par A.G.E.D.V. (Antoine Godeau, évêque de Vence, Paris, 1645, in-12.) Il s'appeloit Denis de Cordes; il mourut en novembre 1642, et fut enterré à Saint-Méry.

[540] Jean Duvergier de Haurane, abbé de Saint-Cyran, fut mis à la Bastille le 14 mai 1638, et il mourut en 1643, peu de temps après être sorti de prison. Sa captivité fut généralement attribuée à ce qu'il n'avoit pas voulu opiner pour la nullité du mariage de Gaston avec Marguerite de Lorraine.

[541] Saint-Ibal a été cause du malheur de M. le comte, car il lui mit dans la tête de faire le fier et de terrasser le cardinal. (T.)

[542] Le prince de Simmeren, de la maison palatine, étoit à Sédan, lorsque M. le comte s'y retira. Étant retourné en son pays, quand la bataille de Sédan fut donnée, il écrivit naïvement cette lettre à M. le comte de Soissons: «Le bruit court ici que vous avez gagné la bataille, mais que vous y avez été tué. Mandez-moi ce qui en est, car je serois très-fâché de votre mort.» M. le comte de Roussi m'a dit avoir vu la lettre. (T.)

[543] Cela me fait souvenir d'un savant médecin de la Faculté, nommé Patin, qui tout de même a feint qu'un de ses malades à qui il fit promettre à l'article de la mort de lui venir dire s'il y avoit un purgatoire, lui étoit apparu un matin, mais sans lui rien dire, car ces gens qui reviennent de l'autre monde ne parlent jamais. (T.)

[544] Marthe Brossier étoit fille d'un tisserand de Romorantin; elle fut renvoyée dans son pays par arrêt du 23 juin 1599, avec défense d'en sortir. Le Discours véritable sur le fait de Marthe Brossier, Paris, 1599, in-8o, a été attribué au médecin Marescot. (Voyez la Biographie universelle.) Il paroîtroit, d'après Tallemant, que cet ouvrage pourroit être de Le Bouthilier.

[545] Claude Quillet, l'un de nos meilleurs poètes latins modernes, auteur du poème de la Callipédie. Il mourut en septembre 1661.

[546] On appeloit Bullion le Gros Guillaume raccourci. Les gens de lettres le haïssoient, car il faisoit profession de les mépriser. (T.)

[547] Voyez le Traité historique des monnoies de France de Le Blanc; Amsterdam, 1692, p. 298 et suiv.