[18] On lit en effet dans les ouvrages publiés sur le P. Joseph, qu'il avoit composé un poème latin, intitulé: La Turciade, pour animer les princes chrétiens contre les Musulmans.
[19] Le Père Joseph dit: «Voilà un Impudent animal.» Depuis on appela ce cheval l'Impudent. (T.)
[20] D'Olivet a raconté, et Bret a imprimé d'après lui, une anecdote qui assigneroit une toute autre origine à l'exclamation d'un si vrai comique du pauvre Orgon: «Louis XIV, disoit d'Olivet, marchoit vers la Lorraine vers la fin de l'été de 1662. Accoutumé dans ses premières campagnes à ne faire qu'un repas le jour, il alloit se mettre à table la veille de Saint-Laurent, lorsqu'il conseilla à M. de Rhodez (Péréfixe), qui avoit été son précepteur, d'aller en faire autant. Le prélat, avant de se retirer, lui fit observer, peut-être avec trop d'affectation, qu'il n'avoit qu'une collation légère à faire un jour de vigile et de jeûne. Cette réponse ayant excité de la part de quelqu'un un rire qui, quoique retenu, n'avoit point échappé à Louis XIV, il voulut en savoir le motif. Le rieur répondit à Sa Majesté qu'elle pouvoit se tranquilliser sur le compte de M. de Rhodez, et lui fit un détail exact de son dîner dont il avoit été témoin. A chaque metz exquis et recherché que le conteur faisoit passer sur la table de M. de Rhodez, Louis XIV s'écrioit: Le pauvre homme! et chaque fois il assaisonnoit ce mot d'un ton de voix différent qui le rendoit extrêmement plaisant. Molière, en qualité de valet-de-chambre, avoit fait ce voyage: il fut témoin de cette scène, et comme il travailloit alors à son Imposteur, il en fit l'heureux usage que nous voyons.» Il est fort probable, à lire le récit de Tallemant, bien antérieur à celui de d'Olivet, que si Louis xiv a joué la scène qu'on lui fait jouer, ce n'étoit de sa part qu'un souvenir du conte sans doute bien connu du P. Joseph; et que c'est aussi le gardien et son exclamation de bonne foi que Molière eut en vue dans son Orgon, et non pas Louis xiv dont l'exclamation n'étoit qu'épigrammatique.
[21] Les biographes assignent une autre cause à la nécessité où Quillet se trouva de s'éloigner dans cette circonstance: «Dans l'une des séances ridicules où l'on faisoit parler les diables, Satan menaça par la bouche de l'une de ces religieuses d'enlever jusqu'à la voûte de l'église celui qui douteroit de leur possession. Quillet eut l'imprudence de défier le diable, qui, ne s'attendant pas à une semblable provocation, en fut pour sa courte honte. C'étoit défier le cardinal. Quillet le sentit assez tôt pour en prévoir et en prévenir les suites. En effet, peu de jours après Laubardemont lança contre lui un décret de prise de corps.» (Histoire de Touraine, par Chalmel, t. 4, Biographie, p. 404.)
[22] Maître des requêtes. (T.)—Laubardemont se trouvoit à Loudun pour veiller à la démolition du château-fort de cette ville, quand commença la comédie de la possession. Il en rendit compte su Roi et au cardinal, et fut nommé par eux pour informer contre Grandier. La manière dont il s'acquitta de cette mission a donné à son nom une affreuse célébrité.
[23] François Sublet de Noyers, né en 1578, mort à Dangu, le 20 octobre 1645.
[24] Ce fut lui qui fonda l'Imprimerie royale, d'abord établie dans les galeries du Louvre.
[25] Le fils de M. de Noyers, appelé La Boissière, ne manque nullement d'esprit; c'est une espèce de visionnaire et d'avaricieux qui mène une vie retirée, et qui ne s'occupe guère à rien. On a retiré sur lui la terre de Dangu que son père avoit achetée sans prendre bien garde à sa sûreté. Il l'a perdue; il vit encore en l'an 1672. (T.)
[26] François de Jussac, seigneur de Saint-Prueil, maréchal-de-camp, gouverneur d'Arras, décapité pour satisfaire la haine du cardinal de Richelieu.
[27] Claude de Bullion, seigneur de Bonelles, surintendant des finances, ministre d'État, garde des sceaux des ordres du Roi, mort le 22 décembre 1640.