Hîc jacet venerabilis et circumspectus vir Ludovicus Pauquet, presbiter hujus ecclesiæ, canonicus præbendatus, atque archidiaconus de Sabolio, qui obijt die decimâ quartâ mensis novembris, M. D. C. LXXIII.

On auroit pu ajouter à cette inscription:

Amphora non meruit tam pretiosa mori.

LETTRES
DE MADEMOISELLE DE SCUDÉRY
A M. GODEAU, ÉVÊQUE DE VENCE.

[ 358]

SUR
MADEMOISELLE DE SCUDÉRY.

Nous ne donnons point ici une notice biographique sur cette femme célèbre. Tallemant lui a consacré, ainsi qu'à son frère, un chapitre dans ses Mémoires[ [357]; Conrart a aussi laissé sur eux quelques détails[ [358]; nous avons inséré, dans la Biographie universelle de Michaud, des articles étendus sur le frère et sur la sœur[ [359]; les lecteurs pourront recourir à ces divers ouvrages; nous nous bornerons à de courtes observations qui ne seront pas déplacées à la tête du petit nombre de lettres de mademoiselle de Scudéry que nous publions pour la première fois.

Mademoiselle de Scudéry se présente à nos souvenirs comme un esprit prétentieux, guindé et plein d'affectation. On la juge d'après des ouvrages où, entraînée par le goût de son temps, elle a suivi une impulsion que vraisemblablement elle partageoit elle-même. Les interminables romans d'Urfé et de la Calprenède obtenoient les plus grands succès; obligée d'écrire pour réparer les torts de la fortune, mademoiselle de Scudéry, sous le nom de son frère, se mit à composer aussi des romans immenses, dans lesquels elle a reproduit les conversations subtiles et précieuses des illustres personnages qui, réunis à l'hôtel de Rambouillet, étoient alors le type de la politesse et des belles manières, et donnoient le ton à la ville et aux provinces. On ne lit plus Cyrus, où sont retracées les mœurs langoureuses que d'Urfé a peintes dans l'Astrée; on lit aussi peu la Clélie, où les héros de l'ancienne Rome composent de fades madrigaux, discutent sur des cartes allégoriques, et recherchent sérieusement la distance qui sépare Particulier de Tendre.

Il n'en est pas de même de ses Conversations; on peut encore les lire avec fruit, et même avec plaisir.