[414] Les princes étoient sortis du Havre le 13 février précédent. Leur liberté avoit été le résultat d'un traité fait entre le coadjuteur et la princesse palatine, au nom du prince de Condé, dont elle avoit reçu les pouvoirs tracés sur une ardoise. Ce double mariage en avoit été l'une des conditions. Le but étoit de réunir les princes et le duc d'Orléans dans un même intérêt. Mademoiselle de Chevreuse, en épousant le prince de Conti, auroit empêché le cardinal Mazarin d'attirer à lui le frère du prince de Condé. (Voyez les Mémoires de Guy Joly dans la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, deuxième série, t. 47, p. 117.) Ces mariages ne s'accomplirent pas.

[415] Jean de Montreuil, secrétaire du prince de Conti, membre de l'Académie françoise. Il n'auroit pu être long-temps le custodi-nos du prince, car il mourut le 27 avril suivant.

[416] Ce second refus du parlement eut lieu le 1er mars 1651. (Mémoires d'Omer Talon, deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, t. 62, p. 172.) Ce fait donne la date précise de cette lettre.

[417] Louis de Valois, duc d'Angoulême, gouverneur de Provence, mourut à Paris, le 13 novembre 1653. Il avoit eu avec le parlement d'Aix les démêlés les plus sérieux, à l'occasion des charges qu'il avoit fait créer pour rendre ce parlement semestriel. Le duc d'Angoulême, alors comte d'Alais, voulut employer la force à l'exécution de ses desseins; le peuple prit le parti de son parlement; les avenues du palais furent barricadées, et le comte d'Alais, obligé de capituler, sortit de la ville après avoir traité avec ses magistrats. Le parlement cassa le semestre, ainsi que les consuls nommés au nom du Roi, tandis qu'ils auroient dû être élus, et tout rentra dans l'ordre; mais les esprits demeurèrent long-temps envenimés. (Relation véritable de ce qui s'est fait et passé en la ville d'Aix, en Provence, depuis l'enlèvement du roi Louis XIV, fait à Paris le 6 janvier 1649, et en l'affaire du parlement, où le comte d'Alais, madame sa femme et mademoiselle sa fille, le duc de Richelieu, M. de Sceve, intendant, et plus de cent cinquante gentilshommes ont été arrêtés prisonniers; apportée par le sieur T., envoyé par messieurs du parlement de Provence. A Paris, chez Jean Henaut, au Palais, 1649. In-4o de 8 pages.) (Cabinet de l'éditeur.)

[418] Mathieu Molé, premier président du parlement de Paris, reçut les sceaux le 3 avril 1651, et mourut dans ses fonctions le 3 janvier 1656.

[419] C'étoit le ballet de Cassandre dont les paroles sont de Bensserade. (Voyez les Œuvres de Bensserade, édition à la sphère, 1698, t. 2, p. 3.) Il fut dansé au Palais Cardinal le 26 février 1651. La Reine n'y assista point; elle venoit d'être obligée d'ordonner au cardinal Mazarin de quitter la France. Les petits détails échappent à la grave histoire, bien qu'ils ne soient pas toujours indignes d'être recueillis; c'est ce qui nous détermine à donner ici le récit burlesque de Loret:

Le soir un désir me vint prendre

D'aller visiter la Cassandre

Qu'on dansoit au Palais-Royal,

Où plusieurs dames, comme au bal,