Il y a un secrétaire du Roi, huguenot, nommé Courtaut, qui demeure exprès dans l'île Notre-Dame, «pour ramasser, dit-il, les pierres sur le quai, de peur qu'on ne les jette aux bateaux qui reviennent de Charenton,» et il croit rendre un grand service à l'Église[ [199].


Madame de Ville-Savin, qu'on appelle la très-humble servante du genre humain, ayant trouvé mademoiselle Véron qui sortoit d'une maison où elle entroit, se mit à l'embrasser. «Ah! ma chère, remontez; quoi, je vous verrois si peu!» Elle la fit remonter, et après elle demanda qui elle étoit; «car; ajouta-t-elle, j'ai si mauvaise mémoire!...—C'est mademoiselle Véron, lui dit quelqu'un.—Jésus! reprit-elle, avoir oublié le nom de la meilleure de mes amies!...» Elle ne l'avoit jamais vue.


Le jardinier de madame de L'Estang, ma belle-sœur, en lui écrivant de Beauce, mettoit pour adresse, devant la maison fondue, parce qu'il y avoit trois ans qu'une maison fondit devant notre porte.


Un Gascon, m'entendant appeler Gédéon chez mon père (c'est mon nom de baptême), m'appeloit M. de Gédéon[ [200].


M. de Vendôme, bâtard de Henri IV, passant à Noyon, logea aux Trois-Rois. Le fils du maître de la maison, nouvellement reçu avocat, crut que sa nouvelle dignité l'autorisoit à aller faire la révérence à M. de Vendôme; il y va. M. de Vendôme lui demande qui il étoit. « Monsieur, je suis le fils des Trois-Rois.—Le fils de trois Rois..... Monsieur, je ne suis le fils que d'un; vous prendrez le fauteuil: je vous dois tout honneur et tout respect.»