Un moine prêchoit à Cinq-Queues, près Pont-Sainte-Maxence, le jour de la fête du village. Il crut que le patron s'appeloit saint Queux; dans son sermon, il leur dit: «Il faut que vous imitiez en toutes choses votre bon patron, M. saint Queux.» Un marguillier lui dit: «C'est saint Martin.—Votre bon patron, reprit-il, M. saint Martin, et en grec M. saint Queux.» C'est ainsi qu'il s'en sauva.


A Saint-Pierre-aux-Bœufs[ [50], les marguilliers et le curé étant en dispute, avoient nommé deux prédicateurs pour le carême. Il fut conclu, pour les accommoder, que l'un prêcheroit le matin, et l'autre l'après-dînée. Le jour de Pâques fleuries, le premier, qui étoit l'archidiacre de Bayeux, dit qu'il laissoit à celui qui prêcheroit après lui à expliquer si c'étoit un âne ou une ânesse sur qui Notre-Seigneur étoit monté; que c'étoit un célèbre Cordelier, un grand personnage, qui leur expliqueroit aisément le plus grand mystère qu'il y eût dans l'Évangile du jour. Le Cordelier monte en chaire, et dit: «Puisque M. l'archidiacre a laissé à expliquer si c'est un âne ou une ânesse, je vous prie, messieurs, de lui dire que c'est un âne.»


Un curé, parlant contre les Juifs, disoit: «Vous étiez bien enragés d'aller faire mourir un pauvre diable qui ne vous faisoit point de mal!»

Un Italien, qui a traduit l'Illustre Bassa[ [51], pour dire que Soliman donna deux montres[ [52] à son armée, a mis, due horologi.


Un Jésuite, à l'Oratoire, au lieu de dire des langues de feu, dit des langues de bœuf.


Un Cordelier comparoit Notre-Seigneur à une bécasse, à cause que tout en est bon.