Un Languedocien, qui croyoit qu'on voloit à toutes heures sur le Pont-Neuf, y passant, se mit à courir de toute sa force, en tenant son chapeau à deux mains. Il trouva un homme du pays qui lui dit: «Qu'y a-t-il?—J'ai passé, dit-il, et j'ai encore mon chapeau.» Un autre laissa sa montre à un de ses amis à Orléans, de peur qu'on ne la lui volât ici.


Boisset, le musicien, fut prié par Gombauld d'assister à la lecture d'une pièce de théâtre; il s'y ennuyoit terriblement, et quand un acte fut lu, il demanda à L'Estoile[ [228]: «Monsieur, y a-t-il bien des actes à une pièce?—Selon, dit L'Estoile, quelquefois onze, quelquefois vingt-quatre.» Cela l'épouvanta. Il donna un tour de pilier[ [229] sans attendre davantage.


Un cocher, après avoir donné l'avoine à ses chevaux, ôtoit son chapeau, et disoit Benedicite tout du long.


En Hollande, on fait payer la qualité et le bruit; ils demandent assez plaisamment quand il y a deux ou trois François: «Quel régiment est logé céans?» Une fois, M. de Vendôme, étant à cheval, s'arrêta sous la porte de l'hôtellerie, pour laisser passer une ondée. Il fallut payer le couvert et l'ordure que ses chevaux avoient faite sous la porte.


Morin, le fleuriste (c'est le jeune), est une espèce de philosophe; une fois qu'il étoit bien malade, son curé lui disoit: «Ramassez toutes vos peines et les offrez à Dieu.—Je lui ferois là, dit-il, un beau présent!»