AVERTISSEMENT
Cette notice n’est qu’un résumé des principaux événements qui ont marqué l’histoire de la Bibliothèque nationale. C’est en quelque sorte une nouvelle édition de l’Essai publié en 1782 par Le Prince, essai auquel ont été ajoutés de larges emprunts faits à la récente publication de M. le Vicomte Delaborde sur le département des Estampes, et surtout au savant ouvrage de M. Léopold Delisle intitulé: Le Cabinet des Manuscrits de la Bibliothèque nationale. Nous avons aussi utilisé, pour la partie moderne, des documents conservés dans les archives de la Bibliothèque qu’il nous a paru intéressant de faire connaître.
LA
BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
SON ORIGINE ET SES ACCROISSEMENTS
JUSQU’A NOS JOURS.
CHARLEMAGNE ET SES SUCCESSEURS.
Charlemagne
et ses
successeurs.
La Bibliothèque nationale a une origine ancienne. Il faut remonter jusqu’au siècle de Charlemagne pour trouver les premiers éléments de ses collections. A côté de l’école que l’empereur avait instituée dans son palais même, il avait rassemblé à Aix-la-Chapelle un certain nombre de livres qui, pour l’époque, était considérable. Quelques-uns des manuscrits de Charlemagne sont parvenus jusqu’à nous; le plus remarquable est un évangéliaire qui, après avoir été longtemps conservé à Saint-Sernin de Toulouse, fait maintenant partie de nos collections.
A la mort de l’empereur qui, par son testament, avait ordonné que ses livres fussent vendus et que le prix en fût distribué aux pauvres, la Bibliothèque qu’il avait formée fut dispersée. Cependant son successeur, Louis-le-Débonnaire, posséda quelques volumes.
Les manuscrits datant du règne de Charles-le-Chauve qui existent à la Bibliothèque prouvent le goût de ce prince pour les livres. Son livre d’heures, ses bibles et ses évangiles sont des modèles achevés de la calligraphie du IXe siècle.