L’histoire de la Bibliothèque nationale présente une particularité frappante, c’est la suite non interrompue des efforts de tous les gouvernements qui se sont succédé en France pour enrichir les collections de ce grand établissement.

A la fin de l’ancien régime, le budget de la Bibliothèque s’élevait, année moyenne, à 83,000 livres, non compris les crédits extraordinaires qui quelquefois firent monter, pour un exercice seulement, le total des dépenses à 169,000 livres. Cette somme, considérable pour l’époque, fut réduite par l’assemblée de 1790, mais en 1795 la Convention la porta à 192,000 livres.

De nouveau diminué sous l’Empire, le budget de la Bibliothèque s’accrut, pendant la Restauration, d’allocations supplémentaires, accordées en vue d’acquisitions extraordinaires. Sous le règne de Louis-Philippe, depuis 1835 jusqu’en 1848, la Bibliothèque, dotée d’un crédit extraordinaire de 1,344,000 francs qui fut voté en 1837, put consacrer aux acquisitions et aux reliures une somme annuelle de 174,000 francs.

Sous le second Empire la somme inscrite au Budget pour les acquisitions fut ramenée à 102,000 francs. En 1858, elle n’était plus que de 73,202 francs, chiffre que M. Mérimée, rapporteur de la Commission de réorganisation, n’hésitait pas à qualifier de dérisoire. Dans les années qui suivirent, notre Budget fut élevé à la somme de 114,350 francs, à laquelle vinrent s’ajouter des allocations extraordinaires dont le total ne monte pas à moins de 301,000 francs. Aujourd’hui, grâce à la libéralité des Chambres,[51] la Bibliothèque dispose annuellement pour les acquisitions et les reliures, d’une somme de 200,000 francs, comprise dans les 614,023 fr., montant de ses crédits, qui se décomposent comme il suit:

Personnel375,000 francs[52].
Acquisitions et reliures200,000
Matériel proprement dit: chauffage, mobilier, habillement, etc.39,023
———
614,023 francs.

A cette somme il faut ajouter le crédit de 50,000 francs alloué pour la confection des catalogues. C’est avec ces ressources extraordinaires et aussi avec l’aide du Ministère, que la Bibliothèque est parvenue à publier ou à préparer pour l’impression, depuis 1852 jusqu’à nos jours, 40 volumes de catalogues, savoir:

Département
des
Imprimés.

Catalogue de l’Histoire de France, 10 vol. in-4. (Le tome XI est en grande partie imprimé. La copie des tables alphabétiques qui devra former les tomes XII et XIII touche à sa fin.)

Catalogue des sciences médicales, 2 vol. in-4. (Le tome III est sous presse.)