14 janvier.—Lettre à son père pour le remercier de ce qu'il le laisse libre de faire le voyage de Sicile; il cherche une occasion et des compagnons convenables s'il y a lieu.

18 janvier.—Vu le musée de Portici et la ville de Pompéia, une journée. On voit au musée tout ce qui a été trouvé; non seulement à Pompéia, mais encore à Stabia et Herculanum; les premières, détruites par les cendres du Vésuve comme Pompéia, et la seconde, par la lave.

En examinant ce musée, on retrouve les usages des anciens Romains, par la nature des meubles dont ils se servaient... leurs balances sont tout à fait semblables aux nôtres... tous ces objets fort instructifs sont bien faits pour intéresser les connaisseurs et même ceux qui ne le sont pas.

Ce qui étonne le plus, ce sont leurs livres manuscrits, qui consistent en rouleaux de feuilles de papier. On en a trouvé des quantités considérables; avec une grande patience on parvient à les dérouler et à les mettre en état d'être lus; ils sont en grec pour la plupart.

La ville de Pompéia, dont il reste peut-être les trois quarts à découvrir, montre au naturel les habitations des anciens Romains; on voit la distribution de leurs appartements; jamais leurs fenêtres ne sont sur la rue, mais sur des cours intérieures, et même très élevées au-dessus du sol; ce qui dénote, dit-on, leur penchant à la jalousie.

(Description des ruines du temple d'Isis et de deux théâtres.)

19 janvier.—Voyage au Vésuve avec M. de Zybin et nos domestiques; nous allons en calèche suivant l'usage, jusqu'à Portici, à 5 milles de Naples. De là, on va d'ordinaire sur des mulets jusqu'au pied de la montagne, l'espace de 4 milles, et l'on fait à pied la montée rapide qui est environ d'un mille.

Nous faisons tout à pied pour ne pas être dupes des muletiers, qui ont l'impertinence de nous demander le triple du tarif ordinaire.

Le chemin n'est pas fort agréable; il est alternativement sablonneux et pierreux, peu cultivé; c'est pourtant ce qui produit le fameux vin de Lacryma Christi, dont il se fait très peu, et dont, cependant, il se vend beaucoup.

La plus grande partie du sol est recouverte par les laves de différentes époques, qu'il est impossible de travailler à cause de leur dureté.