Au dire de ses contemporains, le roi Louis XI était fort curieux de nouvelles et voulait, en outre, transmettre rapidement ses ordres dans tout le royaume.
Le premier, il fit établir dans les principales directions, des relais de chevaux de selle; en 1483, l'Angleterre suivit son exemple.
Le chef de chaque dépôt où les chevaux étaient postés, c'est de là que vient le nom, s'appelait d'abord maître coureur; ce n'est que plus tard qu'il prit le nom de maître du poste, et enfin, celui de maître de poste.
Ce n'était pas alors une institution précisément démocratique, car il était formellement défendu de monter sur ces chevaux sans mandement du Roi, sous peine de la vie.
Ce grand roi n'y allait pas de main morte. Comme M. Thiers, interrompu par les clameurs de l'extrême gauche, disait à la Chambre: «J'ai l'habitude d'appeler Monseigneur les princes dont les familles ont régné sur la France.» De même, j'ai l'habitude d'appeler grands les rois qui l'ont agrandie.
Le règne de Louis XI nous a donné le Maine, l'Anjou, la Bourgogne et la Provence!
Ce grand prince donc, n'y allait pas de main morte; aussi les mauvaises langues de son temps, et même du nôtre, lui reprochent, à tort ou à raison (adhuc sub judice lis est), d'avoir fait pendre haut et court, sans autre forme de procès, ceux qu'il soupçonnait de tramer complots contre l'État et contre lui surtout.
Ce fait paraît certain, cependant, non seulement par les peintures un peu chargées de Walter Scott, dans Quantin Durward (à qui dirait-on la vérité si ce n'est à ses amis!) mais par l'ensemble des traditions historiques qui prouvent qu'il gouvernait plus par la crainte que par tout autre moyen; que, fils sans cœur, il fut aussi roi sans pitié, et que s'il abaissait les grands, il ne ménageait pas les petits; car il accablait, dit-on, le peuple d'impôts, beaucoup moins qu'aujourd'hui cependant.
Bien des gens sont portés, non pas à l'absoudre, mais à lui pardonner un peu, à cause de son amour pour le principe d'autorité, dont le besoin se fait plus que jamais sentir; il est bien entendu que je parle de celle qui mérite ce nom.
Si l'on n'avait pas alors la liberté de la tribune et de la presse, il paraît que les moines ne se gênaient guère pour dire dans leurs sermons ce qu'ils pensaient de sa justice sommaire, de son prévôt Tristan et de ses exécuteurs, qui supprimaient la prison préventive autrement que voulait le faire Napoléon III, quand il envoyait en Angleterre M. Valentin-Smith, pour étudier cette question.