Après une visite d'une heure et demie, je suis remonté dans ma chaise et je suis parti pour Milan.

16 mai 1788.—Ne trouvant pas de place à l'hôtel Impérial, je me suis logé aux Trois-Rois, où je suis bien.

17 mai.—Milan est bien changé et bien embelli depuis quelques années. L'empereur Joseph II ayant supprimé beaucoup de communautés religieuses, on a ouvert beaucoup de rues nouvelles, larges et fort belles. Le cours de la porta Rauza, ou porte Orientale, est une promenade publique pas encore achevée.

On en fait une autre sur la place des Chartreux, où concourent tous ceux qui n'ont pas d'équipages. Les dames et autres gens à carrosses viennent y faire un tour avant de se rendre au Corso.

Les beautés de Milan sont:

Le dôme, ouvrage immense qui ne sera jamais fini. Si le plan est complet un jour, ce sera d'un effet magnifique.

L'hôpital par sa grandeur, ses richesses et la manière dont il est administré, doit tenir un des premiers rangs parmi les institutions de ce genre.

Le cimetière appelé Fappone est curieux par la manière dont il est construit, ainsi que la grande église du milieu, en forme de croix grecque.

Le lazaret est immense; il est situé en dehors de la porte Orientale; il ne sert pas à grand'chose, mais il mérite d'être vu.

Le château est remarquable par ses fortifications; l'église Saint-Alexandre par ses richesses; il faut voir aussi la bibliothèque ambroisienne, le palais archiducal, le palais Beljoïoso, l'église Saint-Ambroise et autres.