Le cheval de droite portait aussi le nom de sous-verge, parce qu'il se trouvait sous le fouet (ou verge), placé dans la main droite du postillon.

Il y a encore de vieux cochers, qui distinguent les deux chevaux d'une voiture à timon, par les noms de porteur et sous-verge.

Les anciennes traditions ont quelquefois la vie si dure, qu'après plusieurs siècles il y a des mariniers qui distinguent encore les rives du Rhône et de la Saône, par ces dénominations: côté de l'Empire, rive gauche; côté du Royaume, rive droite. Autre exemple:

À Rome, le Ier janvier 1888, les Italiens qui se pressaient pour assister dans l'église de Saint-Pierre, à la messe jubilaire du pape Léon XIII, pour exprimer leur impatience, criaient encore: per Bacco! (par Bacchus.)

Les voitures à quatre roues exigeaient un plus grand nombre de chevaux; quatre chevaux obligeaient à deux postillons.

Le nombre de personnes dans une voiture, au-dessus de deux, influait sur le nombre de chevaux obligatoires.

Le prix était I fr. 50 par poste et par cheval, et 75 centimes par postillon. On pouvait quelquefois éviter les chevaux supplémentaires en les payant I franc par poste, bien qu'on ne les mît pas.

C'est ce qui faisait dire à Balzac, dans un de ses romans, à propos d'une certaine dame: «Son mari était un personnage tout à fait fantastique; il ressemblait au troisième cheval qu'on paie toujours quand on court la poste et qu'on ne voit jamais.» De nos jours c'est encore de même, il en est plus d'un et plus d'une que je pourrais citer: et vous?

On appelait poste royale, une poste qui se payait double, à l'entrée et à la sortie de quelques grandes villes, et de celles où résidait la Cour.

Quand on voulait être bien mené, il suffisait de dire aux postillons ces mots magiques: En avant et doubles guides. Cela voulait dire que si l'on était content, on payerait I fr. 50 au lieu de 75 centimes par poste et par postillon; alors les chevaux ne quittaient pas le galop de tout le relai.