XIII
CHAISES MISS HELYETT
Le long de la mer, devant l'onde
Qui meurt en doux bruissement,
Aux sables dorés pâlement
Comme la nuque d'une blonde,
Se suivent les chaises-abris,
Niches d'osier gaîment gibbeuses
Offrant leur ombre à nos galbeuses
En mal de leur poudre de riz.
Parfois des mères de famille
Y tirent vaillamment l'aiguille,
Un œil aux jeux du cher bébé...
Lors, chaque chaise au dos bombé
Pointant ces doigts roses, imite
Le profil d'un Bernard l'Ermite.
XIV
MER FACHÉE
La mer bâille. Ses flots très ennuyés font rage.
La vague écume et siffle, échevelant dans l'air
Comme un long coup de fouet, sa crinière d'orage,
Fouet monstre qu'on croirait effilé d'un éclair.
La mer est ce matin, bien sombre, bien austère.
Elle a d'étranges voix et de fantasques cris
Que, tremblante, redit sa vieille sœur, la terre,
Et les échos au loin hurlent, endoloris....