XXVIII
MANTEAU ROUGE
J'aime en la plage blonde et vierge où se devine
Ta pantoufle de Cendrillon,
Voir ton manteau qui semble, à la brise marine,
L'aile en feu d'un grand papillon.
Lorsque de loin, rêvant, je te contemple au faîte
De la dune au folâtre écho,
Je crois voir éclater dans l'air bleu, l'œil en fête,
Quelque idéal coquelicot.
Par les sables nacrés, quand le matin les dore,
Et que ton manteau rouge y flotte, je crois voir
L'éveil empourpré de l'aurore.
Mais au long de la mer si tu passes, le soir,
Fière, étrange, et drapée en l'ardente oriflamme,
C'est l'Astre au couchant dans sa flamme.
XXIX
TRAIN DES MARIS
L'air au loin s'obscurcit d'un nuage safran.
Dans son ombre s'avance, ainsi qu'un dieu d'Olympe,
Le train des samedis où seul Saint-Joseph grimpe.
Vague, un grand cliquetis de bois vient en courant.
Comme un coup de canif aigre et perçant, ce merle
De métal, le sifflet, a retenti, railleur,
Puis sous le blond soleil brillent, hauts en couleur
Jaune, les cuivres neufs que la vapeur emperle.
Le coursier mugissant s'arrête enfin, fourbu.
De «dame seule» point: des gens, menton barbu,
Qui roulent quatre à quatre et se pendent, énormes,