Connaissez-vous dans le parc de Versailles,
Une Naïade, oeil vert et sein gonflé;
La belle habite un château de rocaille
D'ordre toscan et tout vermiculé.
Sur les coraux et sur les madrépores,
Toute l'année elle dort dans les joncs;
Dans le bassin, les grenouilles sonores,
Chantent en choeur et font mille plongeons.
La fête vient; la coquette Naïade
S'éveille en hâte et rajuste ses noeuds,
Se peigne et met ses habits de parade
Et des roseaux plus frais dans ses cheveux.
Elle descend l'escalier, et sa queue
En flots d'argent sur les marches la suit,
La raide étoffe à trame blanche et bleue,
A chaque pas derrière elle bruit.
PASTEL.
J'aime à vous voir en vos cadres ovales,
Portraits jaunis des belles du vieux temps,
Tenant en main des roses un peu pâles,
Comme il convient à des fleurs de cent ans.
Le vent d'hiver en vous touchant la joue
A fait mourir vos oeillets et vos lis,
Vous n'avez plus que des mouches de boue
Et sur les quais vous gisez tout salis.
Il est passé le doux règne des belles;
La Parabère avec la Pompadour
Ne trouveraient que des sujets rebelles,
Et sous leur tombe est enterré l'amour.
Vous, cependant, vieux portraits qu'on oublie,
Vous respirez vos bouquets sans parfums,
Et souriez avec mélancolie
Au souvenir de vos galants défunts.