ROSETTE. — Impertinent!
Moi. — Remarque, ma toute belle, que je t'ai fait la galanterie d'un _peut-être; _c'est fort honnête de ma part. — Mais nous nous éloignons du sujet. Penche ta tête. Voyons: qu'est-ce que cela, ma sultane favorite? et quelle mine maussade nous avons! Nous voulons baiser un sourire et non pas une moue.
ROSETTE, _se baissant pour m'embrasser. — _Comment veux-tu que je rie? tu me dis des choses si dures!
Moi. — Mon intention est de t'en dire de fort tendres. —
Pourquoi veux-tu que je te dise des choses dures?
ROSETTE. — Je ne sais —; mais vous m'en dites.
Moi. — Tu prends pour des duretés des plaisanteries sans conséquence.
ROSETTE. — Sans conséquence! Vous appelez cela sans conséquence? tout en a en amour. — Tenez, j'aimerais mieux que vous me battissiez que de rire comme vous faites.
Moi — Tu voudrais donc me voir pleurer?
ROSETTE. — Vous allez toujours d'une extrémité à l'autre. On ne vous demande pas de pleurer, mais de parler raisonnablement et de quitter ce petit ton persifleur qui vous va fort mal.
Moi. — Il m'est impossible de parler raisonnablement et de ne pas persifler; alors je vais te battre, puisque c'est dans tes goûts.