Ils sont venus au monde avec des cheveux gris;

Comme ces arbrisseaux frêles et rabougris

Qui, dès le mois de mai, sont pleins de feuilles mortes,

Ils s'effeuillent au vent, et vont devant leurs portes

Se chauffer au soleil à côté de l'aïeul,

Et du jeune et du vieux, à coup sûr, le plus seul,

Le moins accompagné sur la route du monde,

Hélas! c'est le jeune homme à tête brune ou blonde,

Et non pas le vieillard sur qui l'âge a neigé.

Celui dont le navire est le plus allégé