J'aime à m'écouter vivre, et libre de soucis,

Loin des chemins poudreux, à demeurer assis

Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,

Au bord des bois touffus où la chaleur s'émousse;

Là, pour tuer le temps, j'observe la fourmi

Qui, pensant au retour de l'hiver ennemi,

Pour son grenier dérobe un grain d'orge à la gerbe,

Le puceron qui grimpe et se pend au brin d'herbe,

La chenille traînant ses anneaux veloutés,

La limace baveuse aux sillons argentés,